Ouagadougou / Burkina Faso
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Déclaration de l’ONG « Voix de Femmes » sur les homicides des deux femmes commis à Ouahigouya

Mariam LAMIZANA, Présidente de Voix de Femmes

Le Burkina Faso est un Etat de droit qui s’est engagé sur le chantier de la promotion, protection et défense des droits humains. A cet effet, l’Etat Burkinabè a signé et ratifié la quasi-totalité des instruments juridiques internationaux et régionaux en faveur des droits humains. Parmi les droits consacrés par ces instruments juridiques, figure le droit à la vie qui est un droit substantiel. Cette consécration est reprise par la Constitution du Burkina Faso à son article 2 qui dispose que « La protection de la vie, la sûreté et l’intégrité physique sont garanties ».

Au-delà de la protection juridique, la vie a toujours revêtu un caractère sacré aux yeux des coutumes et traditions africaines et de toutes les religions. C’est ce caractère sacré qui justifie l’interdiction absolue de porter atteinte à la vie humaine, qu’elle qu’en soit le motif.

En plus de la protection générale des droits individuels et collectifs dont elle jouit en tant que membre de la société, la femme bénéficie d’une protection particulière au regard du contexte socio-culturel dans lequel elle vit ; contexte qui la rend particulièrement vulnérable dans ses rapports avec les autres membres de la société. C’est ce qui a justifié qu’aussi bien au plan juridique, coutumier que traditionnel, des mesures spécifiques soient prises en sa faveur. Au niveau coutumier et traditionnel, l’enseignement des valeurs a toujours intégré le respect particulier à la femme, symbole de la vie. Au plan juridique, des textes spécifiques aux droits des femmes ont été élaborés ; l’on peut citer la Convention pour l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes (CEDEF) et le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique, communément appelé « Protocole de Maputo ». L’article 4 du Protocole de Maputo fait obligation aux Etats parties, dont le Burkina Faso, de protéger le droit à la vie de la femme.

Malheureusement, les évènements dramatiques survenus à Ouahigouya ces derniers temps ont porté gravement atteinte au droit à la vie de dame Aguéra ZONGO et de dame Aminata OUEDRAOGO alors enceinte de trois (03) mois. Ces deux femmes ont été « sauvagement » tuées par leur mari, courant mois de mai 2021. Ces actes écœurants sont inadmissibles dans un Etat de droit, et encore moins dans une société où les valeurs morales sont respectueuses de la vie humaine.

L’ONG « Voix de Femmes », indignée par ces actes d’une barbarie inqualifiable et injustifiable, les condamne de toute son énergie. Ces deux homicides qui viennent allonger la liste des violences faites aux femmes et aux filles au Burkina Faso, interpellent quant à la nécessité de mieux garantir la réalisation des droits des femmes et des filles. Aucune raison ne saurait justifier des actes de violences à l’égard d’une femme/fille, encore moins l’atteinte à son droit à la vie, pilier de tous les autres droits.

L’ONG Voix de Femmes lance un appel à l’ensemble des organisations de la société civile sœurs, à se mobiliser afin que de tels actes ne se reproduisent plus jamais au Burkina Faso, pays des hommes et des femmes intègres.

Elle plaide auprès des autorités du pays pour :

  • Une sanction pénale des auteurs de ces deux tueries à la hauteur de la barbarie de leurs actes afin de dissuader d’éventuels actes similaires,
  • Une prise en charge des enfants des victimes,
  • Une campagne de sensibilisation pour l’abandon des violences basées sur le genre en général et celles exercées sur les femmes et les filles en particulier.

L’ONG Voix de Femmes présentent ses condoléances aux familles des victimes.

Puisse le Tout Puissant les consoler et que les âmes de Aminata OUEDRAOGO et Aguéra ZONGO reposent en paix.

Ouagadougou le 25 mai 2021

La Présidente de « Voix de Femmes »

Madame Mariam LAMIZANA

Commandeur de l’Ordre de l’Etalon

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